Chaleur sous une pergola en polycarbonate : épaisseur ou teinte ?

Chaleur sous une pergola en polycarbonate : épaisseur ou teinte ?

Mi-juillet, 15 heures. Sous la pergola couverte de plaques claires, la table est inutilisable, alors qu’à deux mètres de là, sous le vieux parasol de toile, on tient sans peine. La toiture protège de la pluie depuis le premier jour, mais du soleil, assez peu. La réaction habituelle consiste à se dire qu’il aurait fallu des plaques plus épaisses. C’est rarement la bonne piste : sous une pergola, l’épaisseur et la teinte du polycarbonate alvéolaire n’agissent pas sur la même chose, et la seconde pèse bien plus lourd que la première dans la chaleur que l’on ressent.

La chaleur ressentie vient d’abord du soleil qui traverse

Une pergola n’est pas une pièce fermée. L’air y circule par les côtés et ne s’y réchauffe pas comme dans une véranda. Ce que l’on ressent en plein après-midi tient surtout au rayonnement : le soleil traverse la toiture et frappe la peau, la table, les dalles, qui chauffent à leur tour et restituent cette chaleur jusqu’au soir. Une plaque claire laisse passer une grande partie de ce rayonnement. On est à l’abri de l’averse, pas du soleil.

Deux autres sources s’y ajoutent. La plaque elle-même s’échauffe en plein soleil et renvoie de la chaleur vers le bas, ce que l’on sent d’autant plus que la toiture est basse. Et l’air chaud, qui monte, s’accumule sous la couverture quand rien ne lui permet de s’échapper, en particulier en haut de la pente, contre la façade. Une pergola basse, adossée à un mur exposé et fermée sur deux côtés par des stores, cumule les trois phénomènes. C’est le cas de figure où l’on accuse la plaque alors que la conception y est pour beaucoup.

Épaisseur et teinte ne règlent pas le même problème

Les alvéoles enferment de l’air, et l’air freine le passage de la chaleur à travers la plaque. C’est ce qui fait l’intérêt d’un 32 mm sur une véranda en hiver. Sous une pergola ouverte, ce mécanisme compte peu face au soleil direct : une plaque claire épaisse laisse passer un peu moins de lumière qu’une fine, mais elle ne fait pas d’ombre pour autant.

L’épaisseur garde pourtant deux mérites. Sa face intérieure, séparée de la face exposée par plusieurs lames d’air, reste moins chaude, et l’on sent moins de chaleur tomber de la toiture quand on se tient debout dessous. Elle permet aussi des travées plus larges et prépare l’avenir : une pergola que l’on fermera un jour sur les côtés deviendra une pièce, et l’isolation comptera alors pleinement.

La teinte, elle, agit sur le rayonnement lui-même. Une plaque opale diffuse la lumière et en renvoie une partie vers le ciel : dessous, le rayon direct ne tombe plus sur la nuque, les ombres portées s’estompent et la clarté devient blanche et régulière. C’est ce changement, bien plus que quelques millimètres d’épaisseur, qui modifie la sensation en plein été. Quand on compare des plaques alvéolaires pour toiture de pergola, l’écart entre un 16 mm et un 32 mm clairs reste modeste sous le soleil de juillet ; celui entre un 16 mm clair et un 16 mm opale se sent dès la première après-midi.

L’opale a un revers. Elle assombrit la terrasse les jours gris et, si la pergola est adossée à une baie vitrée, le séjour derrière perd de la lumière toute l’année, y compris en hiver, quand on aimerait la garder. La plaque claire fait l’inverse : lumière généreuse en janvier, aucune ombre en juillet. Le translucide se place entre les deux. Une pergola plein sud devant le salon et une pergola à l’est au fond du jardin ne posent pas du tout le même problème et méritent rarement la même réponse.

Ce qui compte autant que la plaque

La hauteur joue beaucoup. Plus la toiture est haute, plus la couche d’air chaud qui se forme dessous reste loin des têtes. Entre une pergola dont le bas de pente frôle les 2 mètres et une autre qui monte nettement plus haut, la différence se sent à plaque égale.

La circulation de l’air compte tout autant. Les stores latéraux protègent du soleil rasant du soir, mais une pergola fermée sur trois côtés piège l’air chaud. Mieux vaut laisser au moins deux côtés opposés ouverts, pour que le moindre courant d’air puisse la traverser.

Reste l’ombrage d’appoint. Une toile tendue sous la toiture de juin à septembre, retirée à l’automne, combine la lumière d’hiver d’une plaque claire et l’ombre d’été d’une couverture plus opaque. Pour une pergola placée devant une pièce de vie, c’est souvent la solution la plus souple. Le sol a aussi son mot à dire : des dalles sombres emmagasinent la chaleur et la rendent le soir, quand un revêtement clair ou une bordure plantée reste plus frais.

Avant de commander, faites un test simple : tendez un drap blanc sur une partie de la structure, passez-y une heure en milieu d’après-midi, puis allez voir ce que devient la lumière du séjour. C’est grossier, mais cela donne une bonne idée de ce que l’opale changera, dans un sens comme dans l’autre.